banniere-Lambert-RH
Accueil / Actualité / L’apparence en milieu de travail, pas toujours à la mode de chez nous!

L’apparence en milieu de travail, pas toujours à la mode de chez nous!

Vicky Gélinas
Partager cet article
16 novembre 2017
Vicky Gélinas, CRHA
Conseillère en ressources humaines
819 472-1215, p. 230
 

L’apparence joue un rôle crucial dans la vie de tous les jours. En somme, elle dicte la première impression, exprime la personnalité et affiche les couleurs de chacun… Au Canada, la Charte des droits et libertés de la personne (La Charte) protège les choix personnels que nous faisons tous les jours en matière de tenue vestimentaire, de port d’accessoires tels que bijoux, couvre-chef, foulards et autres, de coiffure (en passant par la pilosité faciale), et autres. En tant qu’employeur, quelles sont les limites que je peux imposer à mes employés à tous ces égards?

En pratique, la Charte assure deux droits fondamentaux. Premièrement, l’article 5 protège l’aspect décisionnel de l’employé quant à ses choix, qui sont considérés de nature privée. De plus, l’article 3 protège ces choix en vertu du principe de la liberté d’expression. Voici quelques exemples de choix individuels protégés par ces articles de loi :

  • Le port de bijoux faciaux;
  • Le choix de la couleur des cheveux;
  • Le choix de tenue vestimentaire;
  • L’affichage de tatouages (permanents ou temporaires);
  • Le port de la barbe.

Pour justifier l’encadrement de l’apparence personnelle de ses employés, l'employeur doit avoir de bonnes raisons. Il doit donc déterminer des motifs considérables liés à un objectif important, qui se justifie raisonnablement. Par exemple, des considérations d’hygiène, de sécurité ou de contact avec le public peuvent être désignées comme raisonnables. Dans un tel contexte, l’employeur peut donc rédiger une politique encadrant l’apparence de ses employés, mais celle-ci doit tenir compte de la nature de l’entreprise et du type de clientèle desservi par le personnel, tout en respectant les deux droits fondamentaux mentionnés ci-haut, soit la liberté d’expression et le droit à la vie privée.

À titre d’exemple, il est beaucoup plus approprié de refuser le port du jeans dans une entreprise offrant des services professionnels en personne que de restreindre la couleur des cheveux de journaliers travaillant en usine. On peut exiger aux hommes de se raser la barbe dans une usine d’alimentation, pour des considérations d’hygiène ou dans le cadre de certains services professionnels desservant une clientèle, mais on ne pourrait invoquer des motifs de sécurité (à moins que celle-ci soit de longueur excessive évidemment). La jurisprudence tend à démontrer que les bijoux et les tatouages sont plus tolérés. Par contre, un employeur pourrait exiger qu’ils soient cachés s’ils ont un caractère offensant pour la clientèle desservie.

Les vêtements corporatifs : qu’en est-il au juste?

Comme employeur, peut-on exiger à ses employés de porter un vêtement arborant le logo de l’entreprise? Le cas échéant, peut-on les forcer à porter les vêtements vendus par l’employeur? C’est du côté de la Loi sur les normes du travail qu’il faut se tourner pour connaître les règles du jeu.

En cours d’emploi, l’employeur peut demander à ses employés de porter des vêtements identifiés par le logo de l’entreprise afin d’assurer une certaine uniformité visuelle. Toutefois, selon l’article 85 de la Loi sur les normes du travail, il doit en assumer le coût, que son employé soit payé au salaire minimum ou non. La même règle s’applique à des vêtements vendus par l’employeur.

Article 85 « Lorsqu'un employeur rend obligatoire le port d'un vêtement particulier, il doit le fournir gratuitement au salarié payé au salaire minimum. (…) »

« L'employeur ne peut exiger une somme d'argent d'un salarié pour l'achat, l'usage ou l'entretien d'un vêtement particulier qui aurait pour effet que le salarié reçoive moins que le salaire minimum. (...) »

« L'employeur ne peut exiger d'un salarié qu'il paie pour un vêtement particulier qui l'identifie comme étant un salarié de son établissement. En outre, l'employeur ne peut exiger d'un salarié l'achat de vêtements ou d'accessoires dont il fait le commerce. »

 

Conseils aux recruteurs : laissez vos préjugés à la porte…

La croyance populaire est qu’une belle apparence est un gage de succès. Ce cliché a d’ailleurs maintes fois été répété, statistiques à l’appui, notamment dans le domaine de la vente. En réalité, se pourrait-il qu’un tel biais affecte notre jugement quand vient le temps de choisir un employé parmi un certain nombre de candidats? Si oui, quel est l’impact sur le processus de recrutement et les résultats obtenus par l’entreprise?

En tant qu’employeur, posez-vous les questions suivantes : « Suis-je juste envers mes employés? » Et surtout, « mon attitude en matière de recrutement est-elle vraiment dictée par les besoins réels de mon entreprise? » Car il ne faut jamais perdre de vue que c’est votre capacité à attirer des candidats dotés de compétences clés pour combler chacun des postes au sein de votre entreprise qui fait la différence. Ainsi, il vaut mieux évaluer la capacité d’un candidat à l’aide de questions claires, de mises en situation ou de tests psychométriques, tout ça dans le but de faire contrepoids à une première impression qui peut s’avérer parfois trompeuse.

Que ce soit pour les candidats que vous tentez d’attirer ou pour vos employés, vous ne devez jamais perdre de vue les valeurs de votre entreprise et ses politiques internes afin d’être équitable envers tous. Les modes changent, parfois rapidement, et les tendances en matière d’apparence accompagnent ce phénomène; mais ce qui est primordial, c’est de faire évoluer notre pensée et ne pas laisser nos préjugés nous faire rater l’occasion d’embaucher un employé extraordinaire.

Pour toute question, n’hésitez pas à communiquer avec Lambert Ressources humaines, votre partenaire R.H., au 819-472-1215.